Moi et le chocolat…

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On me demande souvent pourquoi je n’aime pas le chocolat, si c’est vraiment vrai, pour de vrai, et comment c’est possible.

Alors je vais tout vous expliquer :

Petite, déjà, quand je tapais des crises et des caprices à la caisse du supermarché, pour que mon père m’achète des Kinder Surprise, c’était plus pour la surprise à l’intérieur que pour le chocolat en lui-même, qui finissait très vite (et sans dispute) dans l’estomac de mes sœurs.

Et puis un jour, Pâques arriva et le jardin de mes grands-parents fut parsemé de petits œufs en chocolat. Avec mes sœurs on s’amusait à les trouver, un à un. Et je dois avouer que j’étais très forte à ce jeu là. Je les apportais à mon père, et en donnais quelques uns à mes sœurs. Ah, mon père me pensait si généreuse…

Soudain, je tombe sur une grosse poule en chocolat. Mon dieu, un enfant normal aurait sauté de joie. Alors j’ai fait comme si j’étais normale et j’ai remercié mon père, parce que je ne voulais pas lui faire de peine. Je lui ai même dit : « papa, je ne vais pas faire la gourmande aujourd’hui, je vais la garder pour demain. » et je me suis empressée de la mettre sous mon oreiller (je savais pas ranger mes affaires à l’époque, donc tout finissait très vite sous mon lit, ou bien sous l’oreiller).

Minuit arriva et je m’étais endormie sur le canapé, devant un téléfilm que les adultes avaient encore choisi.

Mon père m’avait donc gentiment portée jusque dans mon lit, pour ne pas troubler mon sommeil.

Finalement, quelques heures plus tard, c’est une odeur particulière qui vint chatouiller mes narines, et me retourner le ventre, pour alors troubler mon sommeil. D’abord, prise de panique, en constatant ma chemise de nuit tachetée de cette couleur caca, je pense que j’ai fait dans ma culotte. Mais quand-même, à 7 ans, ça me paraît bizarre…

Puis, je réfléchis un instant : si c’était vraiment ce que je pensais, alors pourquoi en aurais-je dans les cheveux ? L’odeur persiste et je reconnais alors… la poule avait fondu.

Je me déteste pendant quelques secondes en repensant à ce moment où je l’ai mise sous mon oreiller. J’essaye de réveiller mes sœurs, mais rien à faire, il semblerait que cette odeur ne les dérange pas, elles. Je pleure. J’imagine mon père furax, le lendemain matin, et je n’ose même pas penser à ce que mamie me dira, pour ses beaux draps blancs, du petit lit qu’elle avait prit soin de me préparer. Je me dis que je suis fichue. Privée de desserts, de télé et de jouets, pour toutes les vacances (à cet âge là, on a vraiment de gros problèmes dans la vie).

Je tente de me rendormir sur le rebord de mon lit, la gorge nouée, et mon lit embaumé d’un parfum si alléchant pour tant d’autres gens normaux, mais moi, à cet instant précis j’aurais préféré qu’on me prive juste de chocolat toute ma vie, pour oublier ce cauchemar.

Cette nuit-là, j’ai alors compris que je n’étais vraiment pas une enfant « normale » et que j’étais condamnée à vivre une vie pas comme les autres…

Celle de la fille qui demande à quoi sera le gâteau d’anniversaire et qui aurait préféré des fraises en dessert. Celle de la fille, qui grossit pas (même pas des seins. Rien.) Cette fille, un peu trop mince, qu’on critique ou qu’on pense anorexique, dans la cour de récré. Celle de la fille qui fait la gueule le jour de la Saint-Valentin quand elle reçoit des chocolats parce qu’alors, cet homme ne connaît vraiment pas ses goûts. Celle de la fille qui demande un chocolat chaud sans chocolat, au serveur du café d’en bas. Cette fille un peu chiante et difficile en société, quand il s’agit de lui faire plaisir, parce que non, elle n’a pas les mêmes goûts que tout le monde. Celle qui, en plus de ça, fonctionne sans caféine, sans nicotine et sans alcool et qu’on regarde souvent avec de grands yeux, en soirée. Cette fille un peu différente, qui vient un peu bousculer vos idées et qui semble heureuse malgré tout, parce qu’elle sait respecter les goûts, les opinions des autres et qu’elle assume ses différences.

Tout ça pour dire, que oui, c’est vrai, je n’aime pas le chocolat. Mais ça ne m’empêche pas d’être heureuse, loin de là !

😉

La Brune

 

 

 

 

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